S’il est vrai que les seniors n’ont plus les mêmes capacités que les jeunes, pour autant, l’âge n’est pas un handicap qui interdit de conduire. En effet, la grande majorité des septuagénaires est en pleine forme et tout a fait apte à conduire. Ceux-ci ne sont pas plus dangereux que les autres conducteurs, contrairement à certaines idées reçues. Certes, le graphique ci-dessous montre que les seniors ont autant d’accidents que les jeunes pour un nombre de kilomètres parcourus nettement inférieur, mais ces accidents sont beaucoup moins graves et sont essentiellement matériels.
Toutefois, c’est vrai, la réglementation a considérablement évolué depuis que les seniors ont passé leur permis de conduire (45 à 50 ans, voire plus):
de nouveaux panneaux ont fait leur apparition;
de nouvelles règles de circulation ont été instaurées;
de nouvelles infrastructures ont vu le jour;
le trafic s’est intensifié continuellement.
Par ailleurs, c’est certain, la conduite exige de bonnes capacités physiologiques et cognitives. Or, ces capacités diminuent progressivement avec les années.
L’ouie joue également un rôle non négligeable au volant. En effet,
l’information sonore (klaxon, sirène) demeure très utile en situation d’urgence;
le bruit du clignotant rappelle au conducteur qu’il a été oublié;
le «petit bruit» anormal, annonciateur d’une panne, alerte le conducteur.
Or, la qualité de l’audition baisse avec l’âge: on constate 30 % de personnes «malentendantes» à l’âge de 65 ans.
Les solutions:
se surveiller (tests auditifs chez le médecin traitant ou chez un spécialiste);
se faire appareiller au besoin.
Avec les années, les réflexes diminuent, ainsi que les performances:
performances psychiques: allongement du temps nécessaire à l’information
- temps de réaction plus long (2 secondes environ);
performances sensorielles et motrices: prise de conscience tardive du danger, réponses plus lentes en termes de prise de décision ou de freinage.
Quelles sont les solutions?
adopter la boîte de vitesse automatique, lors de l’achat du prochain véhicule
- plus de facilité pour conduire;
utiliser les rétroviseurs extérieurs, et notamment celui de droite;
adapter son comportement (réduire sa vitesse, éviter les heures de «pointe», choisir les trajets tranquilles);
si ces compensations ne suffisent pas, il faut agir en conséquence:
se limiter au strict minimum dans ses déplacements;
prendre la décision de s’arrêter de conduire.
Elles sont effectivement plus fréquentes avec l’âge. L’aptitude à la conduite est alors perturbée par les symptômes de certaines maladies comme les diabètes, les hypertensions artérielles, les troubles du rythme cardiaque; par des pathologies plus sérieuses, telles l’arthrose et les rhumatismes; par les maladies de type «Alzheimer». Celles-ci peuvent entraîner un risque majeur d’accident; par les effets secondaires des médicaments.
La seule solution, c’est le diagnostic du médecin et l’entretien avec celui-ci.
Environ 20 % des médicaments commercialisés en France présentent des risques pour la conduite.
en premier lieu, citons les médicaments psychotropes, c’est-à-dire ceux qui ont une action sur le cerveau: les tranquillisants, les somnifères et les anti-dépresseurs. Mais aussi, les médicaments pour le cœur et ceux contre la grippe, la toux, les rhumes de cerveau, les douleurs et les rhumatismes.
Dans la plupart des cas, on constate des effets sur la vigilance, mais aussi sur la vision, la coordination des mouvements et le comportement.
Tous les médicaments concernés portent désormais sur leur emballage le pictogramme désignant le risque pour la conduite:
Pictogramme jaune – niveau 1: soyez vigilant! consultez la notice avant de conduire;
Pictogramme orange – niveau 2: soyez prudent! demandez l’avis d’un professionnel de la santé avant de conduire;
Pictogramme rouge – niveau 3: attention, danger! conduite formellement déconseillée. Un avis médical est nécessaire pour la reprise.
- elle est due généralement à une «dette de sommeil» ou à une fatigue cumulée. Conduire lorsqu’on est fatigué, c’est courir un risque important, car il est pratiquement impossible de lutter contre le sommeil.
- les symptômes annonciateurs du sommeil sont nombreux, et notamment, les picotements des yeux, les raideurs dans la nuque, le clignotement des paupières, l’envie de bouger.
- Quelles sont les solutions?
les fausses: café à dose massive, cigarettes, musique forte, air frais dans l’habitacle;
la vraie: s’arrêter sur une aire de repos et dormir 15 à 20 minutes.
Ils diminuent la concentration sur la tâche de conduite.
Certains jours (problème familial ou professionnel, deuil), il est préférable de laisser sa voiture au garage, se faire conduire ou prendre le train.
La dose autorisée (0,5 g/l) représente 2 à 3 verres, quelle que soit l’alcool consommé. (voir fiche «alcool – équivalence des verres».
Avec 4 verres, le risque d’accident est multiplié par 10. Avec 5 ou 6 verres, il est multiplié par 35.
Les féculents et les sucreries sont déconseillés sur la route, car ils favorisent la somnolence 30 à 60 minutes après leur ingestion.
Lors de la pause repas, préférer les aliments protéinés (œufs durs, jambon, fromage), plutôt qu’une barre chocolatée ou des gâteaux secs.
Il est interdit depuis le 1er avril 2003: «L’usage du téléphone portable au volant tenu en main par le conducteur est formellement interdit: le conducteur s’expose à une amende de 35 € et à un retrait de 2 points de son permis de conduire».
L’usage du «kit mains libres» et du téléphone intégré sont tolérés. Mais, attention! parler, même avec un «kit mains libres» peut perturber la conduite, la charge mentale devenant trop lourde. Et en cas d’accident, s’il est reconnu que le conducteur téléphonait, sa responsabilité peut être engagée.
Corriger ses mauvaises habitudes de conduite.
En effet, avec l’expérience de conduite, la qualité des gestes s’émousse :
- mauvaise position des mains sur le volant ;
- débrayer avant de freiner ;
- ne plus rétrograder quand il le faut ;
- ne plus signaler les changements de direction.
Redoubler de prudence
- respecter les limitations de vitesse ;
- augmenter les distances de sécurité ;
- bien prendre les giratoires ;
- s’insérer à bonne vitesse et avec prudence sur les voies rapides ;
- sortir avec prudence (décélération) d’une voie rapide ;
- bien mettre sa ceinture de sécurité, aussi bien à l’arrière qu’à l’avant ;
- se faciliter la tâche, c’est-à-dire éviter les situations difficiles ou délicates, celles où tout va très (ou trop) vite …
- éviter de conduire de nuit (sensibilité prononcée à l’éblouissement et à la fatigue) ;
- éviter de conduire par mauvais temps (pluie, neige, brouillard), car ces conditions exigent un surcroît d’attention, d’où un stress et une fatigue supplémentaire ;
- éviter les secteurs difficiles (nœuds autoroutiers, centres villes encombrés par le trafic) ;
- éviter de partir faire ses courses au supermarché aux heures de « pointe » ;
- éviter de partir au moment des grands départs en vacances ou à la veille de week-ends prolongés ;
- préparer soigneusement son itinéraire pour éviter toute hésitation qui peut être source d’accident ;
- prévoir de nombreuses pauses, des étapes touristiques, des trajets limités en kilométrage.
Bien sûr, le conducteur concerné est le meilleur juge… mais l’avis des autres peut lui être utile !
D’abord, demander l’avis du médecin de famille ;
- tenir compte des observations de l’entourage (conjoint, enfants, parents proches) ;
- demander l’aide d’un professionnel de la conduite pour se faire tester au volant et recevoir quelques conseils ;
- demander l’aide d’une association ou d’un centre de formation qui organise des stages de remise à niveau. Généralement, ces stages se décomposent en trois parties :
- une partie théorique destinée à la remise à jour des connaissances (code de la route, conseils de sécurité routière) ;
- un test de conduite avec moniteur d’auto-école et analyse personnalisée pour chacun des stagiaires ;
- éventuellement, une partie médicale avec tests médicaux (vision, temps de réaction, mémoire, somnolence), et un entretien d’une vingtaine de minutes avec un médecin généraliste.
Mais, d’une façon générale, excepté cas extrême, il n’est pas souhaitable pour un conducteur senior de s’arrêter de conduire du jour au lendemain. Cela peut se faire progressivement, en limitant les déplacements au strict minimum (courses, médecin par ex.)