Les drogues

Consommer de la drogue avant de conduire

1/ Qu'appelle-t-on drogues ?

Ce sont des substances psychoactives, c’est-à-dire des substances qui agissent sur le cerveau en modifiant l’activité mentale, les sensations, le comportement.
Elles sont nuisibles pour la santé et sont illicites pour la plupart (héroïne, cocaïne, ecstasy, cannabis par exemple), et notamment si elles sont consommées en dehors d’une prescription médicale. De ce fait, leur production, détention, vente et usage sont interdits et sanctionnés.

2/ Sont-elles dangereuses pour la conduite ?

Bien évidemment ! Consommer de l’ecstasy, sniffer de la cocaïne représente un danger mortel réel, qu’on peut aujourd’hui quantifier avec précision.

En effet, l’étude S.A.M. (Stupéfiants et Accidents Mortels) réalisée en 2003 à l’I.N.R.E.T.S. (Institut National de Recherche et d’Etude sur les Transports et leur Sécurité) fait apparaître les conclusions suivantes :
- le pourcentage de conducteurs responsables d’accidents mortels positifs au cannabis était de 8,8 % ;
- le pourcentage de conducteurs responsables d’accidents mortels positifs aux amphétamines était de 0,6 % ;
- le pourcentage de conducteurs responsables d’accidents mortels positifs à la cocaïne était de 0,3 % ;
- le pourcentage de conducteurs responsables d’accidents mortels positifs aux opiacés était de 0,8 %.

Chaque année, 230 personnes meurent sur notre réseau routier à cause du cannabis
La moitié des victimes de stupéfiants sur la route a moins de 25 ans. En effet, on peut estimer que les jeunes conducteurs circulant sous l’effet du cannabis sont plus nombreux que leurs aînés (11,2 % avant 25 ans, 5,2 % entre 25 et 34 ans et 0,2 % après 35 ans).

Par ailleurs, l’étude révèle que les accidents mortels causés par les stupéfiants sont plus nombreux les nuits de week-end (7,9 % et près d’une fois sur deux en association avec l’alcool).

3/ Pourquoi les drogues sont-elles dangereuses pour la conduite ?

- Elles sont dangereuses, parce qu’elles agissent sur le cerveau.
En effet, elles ont toutes la propriété de faire libérer dans le cerveau une substance qui s’appelle la dopamine, laquelle dopamine entraîne la dépendance chez l’être humain. Cette substance active dans le cerveau « le circuit de récompense » qui provoque des sensations agréables. Le « circuit de récompense » est un ensemble de structures cérébrales qui nous indique à chaque instant dans quel état nous nous trouvons. Si la quantité de dopamine augmente dans ces structures, nous ressentons davantage de plaisir et considérons que tout va bien, même si on ne se sent pas bien par ailleurs au plan physique et psychique.
C’est le rôle des drogues : libérer une grande quantité de dopamine pour procurer du plaisir. Mais la prise répétée de drogues modifie à long terme cette recherche du plaisir et entraîne très rapidement des phénomènes de dépendance.

On est dépendant, lorsqu’on ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques.

- La dépendance psychique
La privation d’un stupéfiant peut entraîner une sensation de malaise, d’angoisse et en fin de compte, un état dépressif, voire ultérieurement, l’apparition d’un mal-être.
- La dépendance physique
L’état de manque entraîne des troubles physiques importants. En cas de suppression d’un produit de la famille des opiacés, ce sont des douleurs intenses, qui peuvent être accompagnées de troubles du comportement : anxiété, irritabilité, angoisse, agitation.

Le Cannabis

1/ Qu'est ce que c'est ?

C’est une plante cultivée en Afrique du Nord, qui se présente sous trois formes : L’herbe (marijuana). Ce sont des feuilles et sommités fleuries que l’on fait sécher.
Mélangées avec le tabac, elles sont roulées en forme conique («joints» ou «pétards») ; La résine (haschisch, shit, chichon). Produite à partir des sommités fleuries de la plante, elle se présente sous forme de plaques compressées et se fume mélangée avec du tabac (« joints »). Afin de rentabiliser davantage la production, la résine peut être frelatée, c’est-à-dire coupée avec du henné, du cirage, de la paraffine et d’autres substances toxiques.
L’huile. Préparation plus concentrée, moins courante, elle se fume généralement avec une pipe à eau.

2/ Quels sont les effets du cannabis ?

D’une manière générale, le conducteur devient plus vulnérable face à tout incident.
Mais surtout, le cannabis :
- modifie la perception des risques ;
- allonge le temps de réaction ;
- diminue la vigilance et l’attention ;
- diminue la capacité de contrôle d’une trajectoire ;
- modifie la profondeur du champ visuel, laissant croire que les objets sont proches.
Tous ces effets réduisent la capacité du conducteur à analyser l’ensemble des informations nécessaires à la maîtrise du véhicule.
Conduire sous l’effet du cannabis induit donc des risques majeurs :
dans une situation d’urgence : freinage tardif ou inapproprié, difficulté à contrôler le véhicule et sa trajectoire ;
en cas de conduite prolongée, perte de vigilance et d’attention.

3/ Pourquoi de tels effets ?

C’est le THC ( TétraHydroCannabinol ), principale molécule active du cannabis, qui est responsable des effets sur l’organisme, et notamment sur le cerveau et le système nerveux. La concentration en THC varie de 5 à 20 % selon les produits : l’herbe (moyenne 8 %), la résine ( moyenne 11 %), l’huile est la plus concentrée (60 %). Plus le cannabis est fortement dosé ou plus la dose consommée est importante, plus la présence de THC et forte dans le corps, et plus les risques encourus sur la route sont grands.
Les effets du cannabis sont très rapides, ils se font sentir environ 10 mn après la consommation ; ils persistent plusieurs heures (2 à 7 h), selon les individus et les doses consommées.
Quant à l’élimination des substances cannabiques, elle est très lente et peut durer plusieurs semaines.

4/ Quelle consommation de cannabis par les jeunes ?

Le cannabis est la première substance illicite consommée par les jeunes adultes, principalement les garçons.

Selon les données de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), la France comptait, en 2005, 1,2 million de consommateurs réguliers de cannabis (10 fois ou plus au cours des trente derniers jours) ; parmi eux, 550 000 étaient des consommateurs quotidiens.

En 2003, un tiers des adolescents de 17-18 ans (26 % des filles et 38 % des garçons) déclarait avoir consommé du cannabis au cours du dernier mois. A 17 ans, un jeune sur deux déclare avoir fumé du cannabis au moins une fois dans sa vie. Ainsi, le cannabis est le produit illicite le plus précocement expérimenté.

L’expérimentation se fait vers 15 ans ; là encore les garçons sont plus nombreux. Chez les garçons de 17 ans, l’expérimentation a doublé en 10 ans, et la consommation répétée (plus de 10 fois par an) a triplé.

La Cocaïne et ses dérives

1/ Qu'est ce que c'est ?

La cocaïne est une substance psychoactive, d’origine végétale, extraite des feuilles du cocaier, arbuste cultivé en Amérique du Sud.
Elle se présente sous la forme de poudre blanche cristallisée, inodore (aspect : sucre en poudre). Dans ce cas, elle est « sniffée » (on « sniffe une ligne de coke »). Elle peut aussi être injectée.

2/ Quels sont les effets de la cocaïne ?

La cocaïne est une drogue stimulante. Aussi, comme son nom l’indique, elle provoque une stimulation forte, une sensation de bien-être, une euphorie immédiate, un sentiment de puissance physique et intellectuelle qui peut entraîner des passages à l’acte (actes de violence, agressions sexuelles) et une indifférence à la douleur et à la fatigue. Mais surtout, elle provoque des troubles du comportement : impatience, susceptibilité, agressivité qui entraîne des prises de risque excessives et inhabituelles, notamment au volant.
Par ailleurs, la cocaïne, excitant puissant, provoque une dépendance psychique importante. Il est excessivement difficile de stopper une consommation régulière et intense de cocaïne, car le besoin de consommer est constamment présent. Le résultat positif du sevrage, même avec la consommation d’autre substance, est difficile à obtenir.

3/ Le crack ?

- C’est un mélange de cocaïne, de bicarbonate de soude et d’ammoniaque, qui se présente sous la forme de petits cailloux. Le consommateur chauffe les cailloux et en inhale la fumée.
- Ce procédé de consommation provoque des effets plus intenses que ceux de la cocaïne et un état dépressif très marqué. En cas d’usage régulier, le consommateur peut être sujet à des comportements violents et suicidaires.
- La consommation régulière de crack crée une forte dépendance psychique et une dégénérescence des neurones très importante. Il n’existe pas non plus de traitement de substitution.

Les amphétamines et leurs dérives

1/ Qu'est ce que c'est ?

Ce sont des drogues stimulantes et anorexigènes qui ont une action sur le système nerveux, et pour cette raison, étaient utilisées autrefois à des fins thérapeutiques, en psychiatrie.
Elles se présentent sous la forme de poudre blanche. Son produit dérivé, la métamphétamine a deux aspects :
cristaux (Crystal ou Ice), produite aux Etats-Unis ;
pastilles (Yaba ou « drogue du fou »), produite en Thaïlande.

2/ Quels sont les effets des amphétamines ?

- augmentation des capacités physiques (produits dopants) ;
- augmentation de la durée de l’éveil / euphorie ;
- sensation de suppression de la fatigue ;
- illusion d’être invincible ;
- troubles du comportement : irritabilité, agressivité, augmentation de la prise de risque, tout à fait contre-indiquée pour la conduite d’un véhicule.

3/ Autre dérivé : l'ecstasy

C’est un produit se présentant sous forme de gélule ou comprimé de couleurs et formes variées, comprenant une molécule de la famille des amphétamines, la MDMA (méthylènedioxyméthamphétamine), qui combine les effets stimulants et les effets hallucinogènes.

- Le problème du comprimé d’ecstasy, c’est qu’on n’est jamais sûr de son contenu. Très souvent (85 % des cas), aux molécules MDMA sont ajoutés d’autres produits comme la caféine, des médicaments, du sucre. De plus, le risque de consommer est particulièrement dangereux, car 7 % des comprimés vendus sont frelatés, ne contiennent pas de MDMA, mais des produits très toxiques comme des détergents, du cirage, de l’amidon, du savon et des excitants (caféine par exemple).
Par ailleurs, le dosage effectif d’une pilule d’ecstasy est inconnu, il peut aller de quelques milligrammes de MDMA à plus de 150 milligrammes, ce qui rend plus difficile l’évaluation du risque.
L’ecstasy est généralement consommée dans les rave-parties.

- Les effets de l’ecstasy durent deux à quatre heures et sont les suivants :
dans un premier temps, euphorie, sensation de bien-être et de plaisir ;
puis, sensation d’angoisse, hallucinations ;
incapacité totale à communiquer ;
dépression plus ou moins intense, déshydratation, hyperthermie.

Les opiaces

Ce sont les drogues sédatives tirées de l’opium, cultivé en Afghanistan : substance extraite des capsules du pavot. De l’opium, sont tirées trois produits : la morphine, la codéine et l’héroïne.
la morphine, stupéfiant utilisé en médecine pour son puissant effet antalgique ;
la codéine, utilisée comme antitussif et antalgique. Son emploi excessif peut aboutir à la toxicomanie ;
l’héroïne, stupéfiant obtenu par synthèse à partir de la morphine.

1/ L'hérïne, à quoi ça ressemble ?

Elle se présente sous la forme d’une poudre blanche ou de granulés de couleur brune à écraser. Elle peut être injectée par voie intraveineuse ou « sniffée » ou fumée.
Les effets de l’héroïne sont les suivants :
- dans l’immédiat, sensation de plaisir intense ;
- ensuite, somnolence, tout a fait incompatible avec la conduite automobile ;
- nausées, vertiges, ralentissement du rythme cardiaque ;
- dépendance qui s’installe rapidement dans la majorité des cas et entraîne l’anorexie, l’insomnie, l’anxiété et l’agitation.
Le traitement de l’héroïne

2 possibilités :
Le sevrage, réalisé en hospitalisation ou à domicile ;
Le traitement de substitution qui consiste à remplacer l’héroïne par la prise orale de méthadone ou de subutex. Le traitement peut durer plusieurs mois ou plusieurs années.

Les autres drogues

1/ Les hallucinogènes

Le L.S.D.

- Substance de synthèse fabriquée à partir de l’acide lysergique, elle-même produite par un champignon, l’ergot de seigle.
- Le LSD se présente sous forme d’un petit morceau de buvard portant un dessin. Il est avalé par celui qui le consomme.
- Les effets se font ressentir après 30 minutes et durent entre 5 et 12 heures :
modifications sensorielles intenses ;
hallucinations ;
perte du sens des réalités ;
angoisses, crises de panique, de phobies.

La Kétamine

- C’est un produit qui a des propriétés anesthésiques et analgésiques, à forte dose et qui génère des effets hallucinogènes à faible dose. Il est généralement « sniffé ».
- Les effets se font ressentir entre 2 et 4 heures :
perte du sens de l’espace ;
sentiment de dissociation entre le corps et l’esprit ;
anxiété, crises de panique, paralysies temporaires.

2/ Les hallucinogènes naturels

Les champignons hallucinogènes ou psilocybes

Les effets hallucinogènes et euphorisants sont très proches du LSD :
- crises d’angoisse ;
- perte de contrôle ;
- crises de panique.
- risque d’empoisonnement, car les champignons hallucinogènes sont vénéneux.

Les autres plantes hallucinogènes :

La mescaline, substance hallucinogène extraite des feuilles d’un cactus mexicain appelé peyotl ;
Les solanacées (datura, belladone, mandragore) ;
L’iboga, plante toxique cultivée au Gabon.
Leurs effets sont très puissants et leur consommation peut être dangereuse, voire mortelle.

Les autres plantes hallucinogènes

Les poppers

- Ce sont des préparations contenant des nitrites dissous dans les solvants.
Ils sont aphrodisiaques et euphorisants et destinés à être inhalés.
- Ils provoquent une sensation d’euphorie, une dilatation intense des vaisseaux et sont utilisés pour optimiser les performances sexuelles. Les effets durent deux minutes maximum.

Les autres inhalants et solvants

- Ce sont l’éther, le trichloréthylène et l’acétone que l’on trouve dans les colles, les solvants, détachants, vernis et dérivés du pétrole.
- Ils provoquent d’abord une euphorie avec sensation d’ivresse, puis des hallucinations et enfin, une somnolence pouvant aller jusqu’à une perte de connaissance.

Le GHB (GammaHydroxyButirate)

- C’est un produit anesthésique avec une double action : euphorisante puis sédative. Il se présente sous forme de poudre soluble ou de liquide que l’on ingère.
- Les effets se manifestent rapidement (10 à 15 mn) et durent entre 45 et 90 minutes.
- Associé à l’alcool, le GHB peut provoquer une altération de la conscience, un coma de quelques heures suivi d’une amnésie. Ces effets sont bien souvent exploités dans le cas d’un viol, d’où son appellation de drogue du viol.