La nuit représente moins de 10 % du trafic total, mais 37 % des personnes gravement blessées et 46 % des personnes tuées le sont à cette période. C’est dans la nuit du samedi au dimanche, entre 4 heures et 6 heures du matin, que les accidents sont les plus graves.
La nuit, le risque d’accident est 2 fois plus élevé que le jour et la gravité des accidents est 1,8 fois plus élevée que le jour (source : Observatoire interministériel de la sécurité routière).
Parce que les routes étant dégagées la nuit, les automobilistes ont tendance à rouler plus vite. En effet, plus de la moitié des conducteurs dépassent les vitesses limites sur autoroute et les ¾ dans les traversées d’agglomérations (+ de 6 km/h) ;
Parce que les automobilistes oublient que l’œil humain voit très mal dans l’obscurité. La nuit, l’œil devient myope, il devient pratiquement aveugle dans sa zone centrale, alors que la vision périphérique reste bonne.
Or, 90 % des informations nécessaires à la conduite passent par la vue. C’est pourquoi, il est nécessaire de bien voir à tout moment, de jour comme de nuit et par mauvaises conditions météorologiques. C’est indispensable sur la route. D’où la difficulté de concilier à la fois nos insuffisances et les exigences de la conduite de nuit.
On dit souvent que « la nuit, tous les chats sont gris ». C’est vrai que la nuit, les contrastes diminuent, la vision des couleurs est dégradée et de nombreux détails ou indices visibles de jour échappent au conducteur.
Si son acuité visuelle des deux yeux n’est pas bonne, le conducteur aura bien sûr davantage de difficultés à conduire de nuit. Car l’acuité visuelle est fonction de l’intensité de la lumière. La nuit, l’acuité visuelle est divisée par 3.
De plus, notre champ visuel est considérablement réduit, car les feux de route ne projètent qu’un étroit faisceau lumineux sur une distance limitée : une centaine de mètres avec des feux de route et une cinquantaine de mètres avec les feux de croisement.
La nuit, la vision binoculaire diminue, cela entraîne une mauvaise appréciation des distances. Dans l’obscurité, notre sens de la profondeur est 7 fois moins développé que de jour. Aussi, un conducteur, même s’il a une bonne acuité visuelle de jour, aura des difficultés de nuit à se situer et à bien apprécier les distances et les vitesses des véhicules qui arrivent en face, par manque de points de repère. D’une manière générale, les distances sont sous-estimées, les réactions sont tardives, entraînant des collisions frontales.
Il est dû, soit au conducteur étourdi qui oublie de retirer ses feux de route, au moment du croisement, soit à un mauvais réglage des phares. C’est l’alternance brutale entre obscurité et lumière qui oblige l’œil à s’adapter très rapidement et de façon répétée à ce changement d’éclairage. Mais cette adaptation provoque un aveuglement plus ou moins prolongé en fonction de l’âge. Pour cette raison, il est déconseillé aux conducteurs seniors d’effectuer des parcours de nuit prolongés.
Faire vérifier périodiquement (annuellement après 60 ans) sa vue chez l’ophtalmologiste ;
Porter des lentilles ou des lunettes adaptées ;
Eviter de conduire de nuit, si on a des maux de tête, si on n’est pas à l’aise.
Rappel des normes d’aptitude à la conduite automobile :
« L’acuité visuelle requise pour accéder à la conduite d’une automobile ou pour conserver son permis de conduire est, corrections comprises, de 5/10ème au moins pour les deux yeux. Si un des deux yeux a une acuité visuelle nulle ou inférieure à 1/10ème, il y a incompatibilité si l’autre œil a une acuité visuelle inférieure à 6/10ème. Il y a incompatibilité si le champ binoculaire horizontal est inférieur à 120° ». Arrêté du 7 mai 1997.
Elle est primordiale de jour comme de nuit, car elle met en jeu la sécurité du conducteur et des passagers.
Un pare-brise sale peut faire perdre 30 % de la visibilité. Il faut donc toujours avoir dans la boîte à gants des chiffons propres pour nettoyer le pare-brise, les vitres, les rétroviseurs intérieur et extérieurs, ainsi que les blocs optiques des phares et tous les feux ;
Vérifier périodiquement les balais d’essuie-glaces avant et arrière, car leur usure provoque des traces et limite leur efficacité. Les changer si nécessaire. En période de gel, ne pas oublier de les relever, afin qu’ils ne restent pas collés au pare-brise et que le caoutchouc du balai ne se coupe ;
Détenir également dans sa boîte à gants une raclette et une bombe anti-givre pour dégager le pare-brise. Ne jamais démarrer avec son véhicule, tant que l’ensemble des vitres n’est pas totalement
dégivré et désembué.
Vérifier le niveau de liquide de lave-glace, à l’avant comme à l’arrière et s’assurer à l’entrée de l’hiver qu’il contient bien un antigel ;
Sur la route, redoubler d’attention et ralentir dans les zones où la visibilité est limitée (virages, sommets de côtes) ;
Réduire sa vitesse également en période de mauvais temps et adapter son éclairage :
- Utiliser les feux de croisement par temps de pluie, neige, brouillard ;
- Utiliser les feux de brouillard avant par temps de brouillard, de neige, de pluie battante, ou de nuit par temps clair sur des routes étroites et sinueuses ;
- Utiliser les feux de brouillard arrière par temps de brouillard et de neige uniquement ;
Adapter son allure à la visibilité: réduire sa vitesse au crépuscule, entre « chien et loup » et au lever du jour, et utiliser les feux de croisement ;
De nuit, réduire également sa vitesse quand on passe des feux de route aux feux de croisement et adapter ses feux à l’éclairage du réseau routier :
- Routes éclairées en agglomération : feux de position (de préférence) ou feux de croisement ;
- Routes éclairées hors agglomération : feux de croisement. Avec les feux de croisement, on ne voit pas au-delà de 50 mètres, ce qui correspond à la distance d’arrêt d’un véhicule à 70 km/h. Si on dépasse cette vitesse, on risque de ne pas pouvoir éviter un obstacle imprévu ;
- Routes non éclairées : feux de route ;
- Routes sinueuses : feux de route et feux de brouillard avant (à condition de les éteindre si
l’on croise un autre usager.
-en cas d’éblouissement par un véhicule qui arrive en face :
-regarder le bord droit de la chaussée ;
-faire un bref appel lumineux avec les feux de route ;
-ralentir car il y a risque d’aveuglement quelques secondes ;
-repasser en feux de route, sitôt que l’on a croisé le véhicule.
-en cas d’éblouissement par un véhicule qui arrive de derrière :
-régler le rétroviseur en position de nuit ;
-prévenir le conducteur en passant la main devant le rétroviseur ou en faisant clignoter les feux stop ;
-ralentir légèrement pour l’inciter à dépasser.
Il est important de prendre des précautions pour son véhicule.
- ne pas attendre le contrôle technique pour faire vérifier ses feux. Ce réglage est à faire au minimum une fois par an, chez son garagiste ou lors des contrôles gratuits effectués en automne par le Conseil National des Professionnels de l’Automobile (C.N.P.A.) ou par la Prévention Routière.
C’est important de faire ce réglage, car un feu déréglé d’à peine 1 % vers le haut peut entraîner l’éblouissement des autres usagers. Si ce dérèglement est dirigé vers le bas, il entraîne pour le conducteur une perte moyenne de visibilité de 30 mètres.
Il est important également de vérifier régulièrement l’état des différents feux (clignotants, feux stop, feux de recul et de détresse, etc…). Les nouvelles ampoules au xénon bleu-blanc ont une puissance d’éclairage 2,5 fois supérieure à celle des ampoules classiques. Mais le changement ne peut être effectué que par le garagiste.
-> Attention !
Lors du contrôle technique, des feux défectueux ou mal réglés entraînent une contre-visite aux frais du conducteur.
- avoir toujours à bord du véhicule une boîte d’ampoules et de fusibles. Ce n’est pas obligatoire, mais cela permet de réparer sur place et d’éviter l’immobilisation du véhicule en cas de contrôle par les forces de l’ordre. Mais ne pas attendre que les ampoules soient grillées pour les changer, car elles perdent 50 % de leur efficacité au bout de deux années d’utilisation. Et si on change les ampoules, il faut le faire par paire pour obtenir un éclairage uniforme.