Le port de la ceinture de sécurité est obligatoire aux places avant et arrière des véhicules.
(Art. 412-1 du Code de la route).
Depuis 2003, cette obligation s'étend :
à tous les occupants des véhicules transport de marchandises de plus de 3,5 tonnes,
à tous les occupants des véhicules transport en commun de plus de 3,5 tonnes.
- En 2005, sur les 3000 tués dans les voitures de tourisme, un usager sur quatre n'était pas ceinturé.
- En 2005 également, si 100 % des usagers de voitures de tourisme avaient mis leur ceinture de sécurité, le nombre de tués aurait pu être réduit de plus de 16 %.
C'est une loi physique qui l'explique.
En effet, tout mobile produit en se déplaçant une énergie que l'on nomme énergie cinétique. Face à un obstacle sur la route, le conducteur va freiner et une partie ou la totalité de l'énergie cinétique va être dissipée par le freinage. Si le conducteur n'a pu s'arrêter à temps, le reliquat de cette énergie cinétique va se libérer subitement au moment du choc, en appliquant à l'intérieur du véhicule des forces considérables.
Comment calculer cette énergie ?
en appliquant la formule : Ec (joule) = ½ m(kg)x V²(m/s)
Ainsi,
A 50 km/h, un enfant de 15 kg, s'il n'est pas attaché, va être projeté avec une force de 150 kg environ ,
A 50 km/h, un adulte de 70 kg, sera projeté avec une force de 700 kg environ.
A 90 km/h, un enfant de 15 kg : F = 500 kg
A 90 km/h, un adulte de 90 kg : F = 2,2 tonnes.
Or, avec nos bras, nous sommes en mesure de retenir une force de 50 kg,
avec nos jambes, nous sommes en mesure de retenir une force de 70 kg,
la ceinture de sécurité quant à elle, peut retenir une force de 3 tonnes.
Ce qui veut dire que la ceinture de sécurité n'est plus efficace en cas de choc à très grande vitesse,
mais aussi et surtout, qu'un corps non ceinturé est projeté à travers le pare-brise ou dans l'habitacle. Et il est impossible de se cramponner, ou de retenir un enfant dans ses bras.
Chaque année, environ 170 enfants meurent en tant que passagers de voiture.
Les systèmes de retenue doivent être adaptés à la morphologie de l'enfant.
- Chez les bébés, le poids de la tête par rapport au poids du corps est beaucoup plus important que chez l'adulte. Positionné face à la route, en cas de freinage brutal, le bébé subira des tensions importantes au niveau du cou qui pourront entraîner des lésions des vertèbres cervicales. D'où le positionnement du nourrisson dos à la route et la nécessité d'un support ou d'une inclinaison pour protéger sa tête.
- Un peu plus grand, l'enfant a des os du bassin encore très souples. Une seule sangle abdominale ne pourra le retenir en cas de décélération importante, il risque de glisser et d'être gravement blessé aux organes internes de l'abdomen. Une sangle passant entre les jambes est donc indispensable.
- 5 groupes morphologiques d'homologation européenne correspondant au poids de l'enfant :
Lit nacelle disposé parallèlement au dossier de la banquette arrière et fixé par des sangles aux points d'ancrage des ceintures de sécurité ;
Siège placé dos à la route, à l'avant ou à l'arrière du véhicule qui offrira une protection maximale en cas de choc frontal. Attention : si le siège est placé à l'avant, il faut impérativement désactiver l'airbag.
Siège surdimensionné par rapport au précédent, il permet de transporter l'enfant dos à la route, dans une position semi-allongée, et d'éviter ainsi les lésions des vertèbres cervicales en cas de choc frontal. Installé dans les mêmes conditions que le précédent.
A ce stade, l'enfant se tient bien assis et peut résister à l'énergie cinétique qui le propulse vers l'avant.
Siège baquet très enveloppant. L'enfant est maintenu par un harnais, système de sangles qui passent sur les épaules et entre les jambes pour éviter la glissade par en dessous, lors d'un freinage brutal. Se fixe à l'aide de la ceinture deux ou trois points. Choisir un produit à coque rigide ou double coque qui offre un maintien satisfaisant.
Siège à réceptacle. L'enfant n'est pas maintenu par des sangles mais par un bouclier ou une tablette de protection qui prend appui sur son abdomen et le maintient en bonne position. Il présente l'avantage de pouvoir être fixé aux deux points d'ancrage de la ceinture médiane.
Siège rehausseur ou rehausseur à dosseret. Il assure un bon maintien du buste, muni d'un passant pour guider la ceinture sur l'épaule. Idéal jusqu'à 7ans.
Coussin rehausseur avec accoudoirs qui servent de guides à la sangle abdominale. Convient pour un enfant assez grand, ce qui permet de positionner la ceinture comme il faut sur son épaule.
Bien choisir un siège enfant :
La mention"universelle"indique que le produit convient à tous les véhicules.
Gamme de poids et tranche d'âge des enfants auxquels est destiné le dispositif.
Entourée d'un cercle, la lettre E signifie conforme à la norme européenne. Le nombre qui suit ce marquage correspond au pays qui a délivré l'homologation ( 2 pour la France )
E1 - Allemagne E 7- Hongrie E 14 - Suisse
E 2 - France E 8- Tchéquie E 16 - Norvège
E 3 - Italie E 9- Espagne E 17 - Finlande
E 4 - Pays Bas E 10 - Yougoslavie E 18 - Danemark
E 5 - Suède E 12 - Autriche
E 6- Belgique E 13 - Luxembourg
- A 40 km/h ou 50 km/h, sans ceinture, les blessures peuvent être mortelles.
- un choc à 50 km/h correspond à une chute du 4ème étage d'un immeuble, soit près de 10 mètres.
- Etre précipité sur un pare-brise en verre feuilleté a, pour le visage, des conséquences dramatiques, qu'il est difficile de réparer.
75 % des accidents mortels se produisent à proximité de chez soi, sur des parcours connus et 1/3 des tués sur la route le sont en agglomération, donc en majorité au cours d'un trajet quotidien (domicile/travail/école/loisirs).
Les airbags constituent une protection supplémentaire contre les chocs frontaux et latéraux, mais seulement en appoint. Ils réduisent la gravité globale des accidents de la route d'environ 10 %, à condition d'être ceinturé.
- En cas d'accident, sous la violence du choc, la ceinture constitue la seule chance de rester conscient pour pouvoir quitter rapidement le véhicule (incendie, immersion).
- Elle évite l'éjection. Or, l'éjection est mortelle dans 90 % des cas.
- Les cas de ceintures bloquées sont rarissimes (très bonne fiabilité aujourd'hui).
- La ceinture n'est pas dangereuse, à condition de la positionner correctement (dégagement du cou, cage thoracique, bas ventre chez la femme enceinte).
Les systèmes les plus récents ont été simplifiés. Les enfants acceptent très bien les systèmes de retenue s'ils y ont été habitués dès leur plus jeune âge. Sinon, il faut faire acte d'autorité, l'enfant comme les autres passagers doit être attaché en voiture, ce n'est pas négociable. Bien sûr, les enfants ont besoin de bouger, c'est la raison pour laquelle une pause est nécessaire toutes les deux heures.
Le port de la ceinture est un acte civique, car les accidents de la route coûtent très cher à la collectivité: secours, hospitalisation, rééducation.
Par ailleurs, il paraît inconcevable d'accepter de gâcher sa vie ou de la perdre, pour jouir d'un sentiment illusoire de liberté-liberté de passer plusieurs mois dans un hôpital et d'être handicapé à vie.
En outre, c'est un malheur pour la famille, une perte pour l'entreprise et la société toute entière.
Pour le conducteur et les passagers adultes, c'est une contravention de 4ème classe, soit 135 €. La contravention est adressée personnellement au passager en infraction, et non à l'encontre du seul conducteur.
Le conducteur non attaché encourt par ailleurs un retrait de 3 points du permis de conduire.
En outre, le conducteur est responsable du non port de la ceinture pour les passagers âgés de moins de 18 ans. Exceptionnellement, une dispense du port de la ceinture est accordée à certaines personnes pour raisons médicales. Celles-ci doivent être en mesure à tout moment de présenter aux forces de l'ordre le certificat d'exemption délivré par la commission médicale départementale du permis de conduire.